Dans le cadre du Plan de Lutte contre les Algues Vertes (PLAV), un dispositif PSE proposé par le Syndicat Mixte de l’Horn a été validé par l’Agence de l’Eau et le Conseil Départemental du Finistère : le PSE Azote Horn Amont. Ce PSE a pour objectif de rémunérer les exploitants agricoles de l’Horn Amont pour leurs pratiques en faveur de la réduction des fuites d’azote.
QU’EST-CE QU’UN PSE ?
Les paiements pour services environnementaux (PSE) en agriculture rémunèrent les agriculteurs pour des actions qui contribuent à restaurer ou maintenir les écosystèmes, dont la société tire des bénéfices (préservation de la qualité de l’eau, stockage de carbone, protection du paysage et de la biodiversité…).
Les financeurs peuvent être des entreprises privées, des collectivités, des individus.
Dans ce dispositif expérimental, un appel à projet spécifique aux baies « algues vertes » a été lancé par l’Agence de l’Eau Loire Bretagne. Le Syndicat Mixte de l’Horn avec l’appui de la Chambre d’Agriculture y a répondu pour construire au local un projet adapté aux exploitations agricoles du territoire.
LE FINANCEMENT DU PSE HORN AMONT ET LA REMUNERATION DES ENGAGES
Sur le territoire de l’Horn Amont, c’est l’Agence de l’eau Loire Bretagne et le Conseil Départemental du Finistère qui vont financer les services fournis par les agriculteurs via une enveloppe d’aides directes de 978 773 € (75% AELB, 25% CD29).
Ce dispositif se différencie des mesures agro-environnementales (MAEC) de par la logique de rémunération fondés sur l’atteinte de résultats, et non la mise œuvre de moyens ; et d’autres part par la construction locale du dispositif afin qu’il soit adapté aux exploitations du territoire.
L’objectif du PSE est d’accélérer la diminution des concentrations de nitrates sur le sous bassin versant prioritaire de l’Horn Amont afin de diminuer les échouages d’algues vertes et de réouvrir la prise d’eau potable du territoire sur l’Horn fermée à la suite d’un contentieux européen en 2007. L’objectif pour la réouverture est le retour sous les 50mg/l de nitrates 5 années consécutives. Pour se faire, le dispositif rémunèrera les exploitants agricoles pour leurs pratiques en faveur de la réduction des fuites d’azote.
Le PSE est un dispositif sur 5 années. La période de contractualisation a eu lieu entre juillet et octobre 2022. Ce sont finalement 39 exploitations de l’Horn Amont qui se sont engagées dans le dispositif.
Tous les ans, 4 indicateurs sont suivis chez chaque exploitation engagée. La note obtenue permet de déclencher ou non du paiement.
LES INDICATEURS : 4 CRITERES DE REMUNERATION

COUVERTURE EFFICACE DES SOLS A L’AUTOMNE
Un taux de couverture efficace à l’automne sera calculé sur la base des successions culturales de chaque année prenant en compte les semis précoces de couvert, les couverts courts, la présence de prairies… Chaque parcelle est évaluée et la situation est considérée efficace ou non efficace selon une grille prédéfinie. La rémunération se fera à partir d’un taux de couverture efficace du sol à l’automne minimum et sera recalculée chaque année
Objectifs :
- Favoriser l’implantation de couverts précoces et sous cultures
- Favoriser les céréales de printemps
- Limiter les successions à risques
RELIQUATS DEBUT DRAINAGE
4 à 6 reliquats (selon la taille de l’exploitation) seront réalisés sur les cultures récoltées à l’automne (période à risque de lessivage important) en semaine 41. Les parcelles seront choisies aléatoirement proportionnellement à la surface de chaque culture récoltée à l’automne. La moyenne de ces résultats servira de base de calcul pour la rémunération de cet indicateur. La rémunération débutera en deçà de 75 kgN/ha dans le sol jusqu’à un maximum de rémunération pour une moyenne inférieure ou égale à 35 kg d’N/ha. Ainsi, plus la moyenne des RDD sera basse, plus la rémunération sera élevée.
Objectifs :
- Valoriser les pratiques de fertilisations cohérentes
- Favoriser une meilleure répartition des effluents organiques sur le parcellaire


REMISE EN HERBE DES ZONES SENSIBLES
Un diagnostic de l’exploitation à l’automne 2022, par le SMH, a inventorié les zones sensibles . Les exploitants ayant des zones sensibles cultivées seront rémunérés pour l’arrêt de la culture sur ces zones (via une mise en herbe, un boisement…).
Diagnostic des Zones Sensibles : Les zones sensibles ciblées sont les zones présentant un intérêt fort sur les nitrates. Il s’agit à la fois de zones où les excès de fertilisation atteignent rapidement le cours d’eau mais aussi de zones ayant un potentiel dénitrifiant et une capacité à capter les flux d’azote (de la nappe et du cours d’eau) importante. Concrètement ces zones sont composées des zones humides effectives et des zones attenantes ayant une humidité importante en hiver.
Objectifs :
- Identifier les zones sensibles du territoire et favoriser leur maintien en herbe
- Favoriser une meilleure gestion de ces zones vis-à-vis des fuites de nitrates (pression de pâturage acceptable et/ou fauche avec export)
- Résultats visibles rapidement dans les cours d’eau
GESTION RAISONNEE DES ZONES SENSIBLES
Les parcelles en « zone sensible » en herbe (dont celles mises en herbe après le diagnostic), pourront bénéficier d’une rémunération si elles respectent un cahier des charges de gestion : au moins une fauche ou pâturage par an, pâturage limité à 1,5 UGB/ha, pas d’affouragement, fertilisation limitée à 50uN/ha/an, tenue d’un cahier d’enregistrement des pratiques.
Objectifs :
- Identifier les zones sensibles du territoire et favoriser leur maintien en herbe
- Favoriser une meilleure gestion de ces zones vis-à-vis des fuites de nitrates (pression de pâturage acceptable et/ou fauche avec export)
- Résultats visibles rapidement dans les cours d’eau
- Soutenir l’élevage pâturant sur le territoire

